L'interview du mois : Aron'C


Ce mois-ci nous avons rencontré le groupe Aron'C, composé d'Aron et Thomas, dans les locaux de Raje pour une interview commune afin de parler de leurs projets, de leurs influences, de façon à entrer davantage dans leur univers où se mêlent chanson française, esprit rock, et textes engagés.

Quelles sont vos places dans le groupe ?


Aron : Je suis Aron, chanteur, guitariste et batteur, le tout en même temps !


Thomas : Moi dans le groupe je joue de la guitare, je joue un peu de clavier, j’ai un gros loopeur avec pas mal de choses à faire avec mes pieds. Et on est tout les deux auteurs, compositeurs et arrangeurs.


En se penchant sur votre biographie, vous avez été un groupe à géométrie variable, vous êtes maintenant un duo, est ce que c’est le type de formation qui vous convient le plus ?


Aron : On a crée ce groupe là à deux, donc la forme d’origine est un duo. On a essayé plusieurs formules avec des musiciens et on est finalement revenu au duo mais on est plus complet qu’avant.


Thomas : Oui, la formule est originale. Quand on nous voit sur scène ça fait une petite plus value par rapport à juste écouter de la musique. Y’a une réalité qui était de faire ce choix là à un moment pour des raisons diverses et notamment pour réussir à emmener le projet là ou on le souhaitait sachant qu’en étant que 2 c’est plus facile d’aller dans le même sens. Au delà de 2 c’est compliqué.


Vous êtes tous les deux auteurs compositeurs, comment se fait votre travail d’écriture ?


Aron : Pareil, à géométrie variable. Y’a pas de règles, je peux écrire un texte sans musique, une musique sans textes, un bout de texte que Thomas termine, c’est vraiment comme ça vient. Y’a aucunes règles.


On peut vous affilié au mouvement rock, j’y entends un peu de Saez, de Noir Désir, quelles sont vos inspirations?


Thomas : On va dire que pour ce projet spécifique, c’est de la chanson française à tendance rock. C’est vrai qu’il peut y avoir ce type d’influence comme des choses beaucoup plus anciennes finalement comme Barbara, Brel… et également toute la musique qui nous entoure. Il faut savoir qu’à la base Aron et moi on est des musiciens depuis des nombreuses années, mais on a crée ce projet là il y’a 10 ans, dans cette veine là, de chanson françaises. Nos influences sont plus larges que ces exemples là mais par contre pour ce projet là oui, c’est juste.


Aron’C est-il destiné à évoluer dans le futur ou vous souhaitez rester sur ce style chanson française ?


Aron : On est inqualifiable, on nous l’a souvent reproché. On ne peut pas nous ranger dans une case, chanson, ou bien rock, ou bien swing… Nos influences au départ elles sont extrêmement loin de la chanson française. Moi j’étais fan de Hard rock dans mes jeunes années, j’ai commencé la guitare pour faire du hard rock, Tom’ lui est plus influencé par la musique noire américaine, le funk etc.. Quand on compose on a toutes ces influences plus anciennes qui reviennent. De la chanson française on en a écouté beaucoup, mais y’a pas que ça. Faire évoluer ce projet là c’est difficile vu la complexité de tout ce qu’on touche du doigt comme styles dans la chanson française.


"J’ai pas toujours les pieds sur terre, mais j’plane pas non plus à dix mille,

Je me faufile sous les chimères, entre les gouttes et les missiles,

J’ai pas de Rolex au poignet je n’optimise pas mes impôts,

Si c’est la crise j’viens pas pleurer et te mettre la faute sur le dos"

L'intermittent - Aron'C


La chanson française c’est aussi et surtout des paroles, je trouve que les votre sont engagées, vous avez envie de faire changer les choses, on le sent sur Nuit Debout ou sur Intermittent par exemple… Selon vous, la musique est elle le meilleur moyen d’affirmer ses positions ?


Thomas : Je ne sais pas si c’est le meilleur moyen, c’est un moyen comme un autre. On n’a pas de drapeaux, on ne revendique pas des choses, on est simplement des observateurs de la vie et on décrit ce qui nous touche. Y’a des gens qui ont cette fibre là d’avoir le poing levé et d’aller au combat, nous c’est différent. La musique nous porte, et nous permet de mettre nos pensées en paroles, de porter un regard subjectif sur ce qui nous entoure, c’est de l’engagement. Mais c’est pas notre matériel de base, notre matériel de base c’est la musique.


Aron : C’est très juste de dire qu’on est des observateurs, on voit le monde dans lequel on vit, on l’a vu évoluer, on a plus de 40 ans tous les deux. Tout ce qu’on a vu nous permet de donner notre vision sur ce qui nous entoure. On peut avoir des convictions dans notre vie de tous les jours mais c’est pas pour ça qu’on doit les emmener sur scène. Je considère mon métier comme un métier de divertissement, ça implique un peu d’engagement sur certaines choses mais ça n’est pas un combat.


Thomas : Comme c’est un duo, c’est difficile que ce soit un vecteur d’engagement frontal. On aura des idées proches mais on ne sera pas forcément d’accord sur tout, tout le temps. Donc on peut pas mettre le drapeau Aron’C sur une idée et la plaquer partout comme ça. Il y’a des gens qui sont vraiment dans l’engagement, la politique etc, c’est concret. Nous c’est plus du journalisme artistique.


Qu’est ce qui en ce moment vous donnerait envie d’écrire ?


Aron : Beaucoup de choses, et en même temps pas grand chose. Y’a tellement de choses qui sont dégueulasses dans notre monde aujourd’hui que c’est dur d’écrire ces choses là. Si on devait parler politique ce serait extrêmement compliqué par exemple. Véhiculer des idées par le biais de textes ou de musiques c’est très compliqué. J’ai des convictions personnelles, Tom a les siennes, et c’est vrai que le partager avec les gens c’est très compliqué. Autour d’un débat j’aime bien, mais imposer ma vision je trouve ça un peu litigieux quand on est artiste et qu’on est sur scène.


Thomas : En ce qui me concerne dans le processus d’écriture c’est rare que je me dise tiens, je vais parler de ce sujet là. Ça ne se passe pas vraiment comme ça, je fais de la musique, y’a des mots qui me viennent, ça m’embarque dans un sillon et là je trouve l’idée. Mais je ne m’assois pas sur ma chaise en me disant que je vais parler du code du travail par exemple. Je pense que si je prends ce chemin là je vais forcément dans le mur, il faut que je sois amené à écrire quelque chose par le biais de la musique plus que par l’envie de traiter un sujet.


A quoi ressemble un live d’Aron’C ?


Aron : Un live d’Aron’C c’est très particulier. J’imagine que le spectateur qui arrive dans la salle, qui voit sur scène une quinzaine d’instruments et seulement deux bonhommes se demande un peu ce qu’il va se passer. Et quand je m’assois derrière ma batterie, guitare en main, avec mon micro devant moi, tout de suite il y a quelque chose d’étonnant à voir. On va retravailler le live, mais ce sera toujours quelque chose d’étonnant.




Vous allez être en résidence à la maison de l’eau en juin prochain, est-ce justement le moment de retravailler ce live ? Qu’allez-vous y faire d’autre ?


Aron : On a prévu beaucoup de choses pour ce nouveau spectacle, pour le nouvel album qui sortira fin octobre. On a envie d’avoir une vraie création sonore, de lumières, et de mise en scène pour pouvoir emmener le public plus facilement dans notre univers avec un peu moins de bla-bla et un peu plus d’habillage. Quelque chose de joli à voir.


Thomas : On est en train de travailler vraiment sur la partie musique, on est en répet’ on monte les morceaux comme on dit, on fait les arrangements spécifiques pour le live. En étant que deux, il faut réussir à reproduire au maximum ce qu’on entend sur le disque, ça nous demande de nous dédoubler un peu. A la Maison de l’eau on souhaite bosser sur les lumières, sur le son avec un ingénieur du son, et un peu de mise en scène comme les décors, les déplacements..


Vous allez peu à peu quitter le monde des concerts pour rejoindre le monde du spectacle ?


Aron : Oui en quelque sorte, on va préparer un spectacle. Ca reste de la musique, tout ça on peut le travestir et l’emmener sur des scènes un peu différentes comme les festivals par exemple. On ne va pas avoir tout les aspects du spectacle mais la musique reste la base.


Vous aviez fait un tour de france, retranscrit sous la forme de vlog (blog vidéo), est ce que c’est un format et une communication qui vous plait ? Et est ce que vous souhaiteriez le refaire dans le futur ?


Aron : C’était une idée qu’on avait eue en tournée, Thomas et moi. C’est extrêmement difficile de filmer des images quand t’es en même temps en train de jouer, de monter le matos, de démonter.. Tu fais les trajets avec le téléphone à la main, faut compter aussi le temps de montage de la vidéo.. Ca tourne vite en rond quand tu n’as pas une troisième paire de bras pour filmer.


Thomas : C’était pas une grande réussite quand même, je tiens à préciser. L’idée est bonne mais je trouve qu’on l’a pas super bien fait. Par contre oui ça me plairait bien de pouvoir le refaire, et tant qu’à faire le refaire un peu mieux, mais comme il l’a dit, c’est mieux d’être trois.


Aron’C c’est 3 albums et presque 10 ans de carrière, est ce que l’on peut s’attendre à un nouveau projet bientôt ?


Aron : Le nouvel album va paraitre fin octobre, début novembre. On va commencer la promo en septembre et les concerts fin octobre, début novembre pour la sortie de l’album.


Thomas : Cet album est prêt depuis un moment, il sort en automne parce qu’on a pris le temps de préparer la sortie, le spectacle, les clips… Le but c’est d’avoir du contenu à proposer au moment de sa sortie. Le nouvel album s’appelle « L’Art et la Manière », il comporte les titres « L’intermittent » et « La nuit debout » qui ne devaient pas être dessus mais à la suite de plusieurs demandes on les a finalement mis dans l’album. Ceux là sont déjà écoutables sur Youtube.


Merci au duo pour leur sympathie et leur disponibilité. Vous pouvez retrouver toute l'actualité d'Aron'C et suivre leurs prochains projets sur Facebook, sur Youtube, et sur le site internet. Remerciements également à Hugo et à la radio Raje pour avoir mené et enregistré cet entretien.



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