L'interview du mois x TOTEM

Ce mois-ci nous avons rencontrés les "guerriers du funk" TOTEM. C'est un groupe de funk rock, d'origine Montpellieraine, composé de Stélio au chant, Mathéo à la guitare, Félicien à la basse, et Sammy à la batterie. Ils nous partagent leurs expériences, nous font découvrir leur univers notamment à travers le dernier EP "Playground", sorti en mars 2018, où plane une atmosphère conviviale avec l'ambiance "terrain de jeu" et "bande de potes".

 

Quelles sont les origines de Totem ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?


Sammy : Stélio, Mathéo et moi on s’est rencontré à Montpellier en 2013 pendant une Jam session. Félicien est arrivé il y a deux ans, quand on a changé de bassiste. On partage les mêmes styles de musique, le même amour pour quelques groupes, de là est né le premier jam puis les premiers morceaux. Au fur et à mesure il y a tout un concept qui se créé. D’où le nom TOTEM qui a une symbolique vraiment forte, notamment dans la tribu amérindienne des Ojibwés. C’est le symbole matériel de la réunion, de la fédération des gens qui dansent autour, et font la fête.

 

Quelles sont vos influences, vos inspirations ?


Mathéo : On est tous issus d’univers musicaux différents. C’est un melting pot où on essaye de rassembler au mieux nos influences. On est lié par une racine commune qui reste assez funk. Pour décrire vraiment les sons de TOTEM on peut retrouver des grooves à la « Jamiroquai » ou à la « Maroon 5 » par exemple. Des petites ambiances peut être un peu plus hip-hop à la « Gorillaz » par moment. On nous associe aussi aux « Red Hot », à « Bruno Mars », on a des petites rythmiques comme ça. C’est vraiment les influences qui prédominent, après chacun apporte sa petite touche.

 

Sammy : Le fil conducteur, c’est le côté pop funk, les ambiances festives, solaires… Pour détailler, Stélio c’est plus l’influence soul avec sa voix. Mathéo est influencé par le hardrock qu’on entend brièvement dans des interventions. Moi à la base, j’ai appris la batterie avec des groupes comme Police, Green Day, des groupes de jeunes. Mais j’ai très vite évolué vers le funk.

 

Félicien : Comme Sammy, au début j’ai évolué sur du rock, du blues, quand je me formais sur mes instruments. Un jour le funk a dominé tout le reste et je suis resté là-dessus.


Quelles sont les expériences marquantes de TOTEM ?


Mathéo : La première expérience, vraiment marquante, ce fut la tournée qu’on a faite en Irlande à Dublin pendant deux mois. On est arrivé dans la ville sans rien, même pas d’appart. On a réussi à faire une dizaine de dates là-bas. Ça a vraiment été la première grosse expérience. Après on a fait de jolies scènes à Montpellier, le Rockstore par exemple.

 

Sammy : On était en mode porte à porte, on démarchait avec des CDs, et quelques mails en anglais mais à l’époque on était pas très fort en anglais… On a sympathisé avec des groupes locaux, c’était un challenge vu que nos textes sont en anglais. Au final on s’est rendu compte que les Irlandais n’écoutaient pas du tout les textes, on a eu zéro remarque. On a eu d’autres expériences marquantes comme La Bourse des Jeunes Talents en 2016. C’était super cool parce qu’on est arrivé là-bas pour se tester. On s’était dit cette année qu’on allait essayer de faire des tremplins, on en a remporté deux, dont la bourse des jeunes talents. On a été à cet événement sans public, on a remporté le prix du public. On s’est dit putain c’est cool il y a quelque chose à faire.

 

D’avoir remporté des tremplins et le prix espoirs qu’est-ce que cela vous apporté par la suite ?
 

Sammy : Une bourse déjà, ça nous a permis de se payer le luxe d’avoir une graphiste, d’où la charte graphique, dont on est assez fier. Elle est vraiment cohérente avec l’esthétique musicale, graphique, avec le E comme tu l’as dit, c’est très lié. On a pris un peu de cet argent là pour faire de l’enregistrement studio. Ça nous apporté des concerts, quand le téléphone sonne c’est bon signe.


Mathéo : Le tremplin de la Meuh Folle on l’a fait à l’école des mines d’Alès. Ça nous a permis pour la première fois de jouer dans un aussi gros festival : La Meuh Folle. Et par la suite on a gardé d’excellents contacts avec les étudiants organisateurs de l’événement, ça nous permet aussi de venir jouer hors festival à Alès.

 

Est-ce que c’est difficile de gérer un groupe de musique par vous-même ?


Sammy :  A notre niveau oui, mais le jour où il faudra quelque chose un peu dans les clous, c’est-à-dire sortir un CD avec tous les contrats qu’il faut, là il va falloir s’entourer. C’est un écosystème avec des métiers et des sous métiers, à quatre on ne peut pas improviser ça.


Mathéo : Quand tu n’es pas pris en charge par quelqu’un ou que tu n’es pas accompagné t’es obligé de porter plusieurs casquettes. Pour comprendre un petit peu les rouages de ce milieu-là, si t’es livré à toi-même c’est plus compliqué que si tu es entouré. Mais tu acquières de l’expérience. Et Sammy, avec sa formation actuelle, nous aide beaucoup.

 

Sammy : Oui, je me suis inscrit à Montpellier dans une formation de tourneur/manager/ accompagnateur d’artiste, à Illusion Macadam.

 

Est-ce que vous aimeriez bénéficier d’un accompagnement comme « Manu » ou « La Factory » par exemple.


Sammy : Aujourd’hui ce n’est pas d’actualité. Nous on essaie de composer un petit peu de notre côté dans une nouvelle esthétique, on va essayer de s’orienter vers une évolution du funk qui est plus récente c’est-à-dire le hip-hop. Tout ce que je peux dire c’est qu’en ce moment on fait une sorte de mini accompagnement, avec un des gars de Paloma qui s’appelle Julien Francioli. Il essaye de débloquer des clés mentales c’est très drôle. Il nous a fait jouer un morceau de TOTEM, en nous disant d’imaginer qu’on était les Gun’s.

Votre exposition s’étend de plus en plus, notamment dans le sud, quel effet ça vous fait aller à l’encontre d’un public qui ne vous connaît  pas forcément ?


Mathéo : On est allé à Marseille, c’était notre première fois là-bas, au Cherrydon, on a été super bien accueilli. Forcément ça nous donne encore plus la niaque, et l’envie de tourner si on est aussi bien accueilli comme ça dans les autres villes. Et le fait d’être en groupe, d’être entre potes, ça aide beaucoup.


Félicien : Pour Marseille surtout ce qui a surpris, c’est que c’est une scène orienté rock. Et nous forcément avec notre musique on se n’attendait pas à attirer autant de gens. On a été vachement étonné par leur réaction, surtout quand dans notre set à la fin on joue des morceaux qui tendent vers le hip-hop. On a même joué un morceau de rap, et ça en a étonné plus d’un. On s’inspire souvent de « Watsky ».


Justement d’aller à l’encontre d’un public qui ne vous connaît pas forcément quelles émotions cela vous procurent ils ?

 

Stélio : Revoir un peu le feu dans les yeux des gens qui ne t’ont jamais vu avant, qui commencent un peu à se dandiner et se dire « mmmhh mais ce n’est pas mal ça » tu vois ? Ça c’est vraiment un truc qui vaut cher, ne serait-ce que pour l’égo d’un artiste. On se dit qu’on est crédible. On va dans des endroits où personne ne nous connaît, on nous regarde, on nous écoute, les gens ne s’en vont pas et ça fait du bien. Ça donne de la confiance, ça nous soude aussi entre nous, on vit un truc fort qui n’est pas forcément donné à tout le monde, et on sait la chance qu’on a.
 

Concernant les lives, j’ai remarqué que vous impliquez le public en lançant « TO » et qu’ils répondent « TEM », d’où vous est venu l’idée ?


Stélio : Si je suis tout à fait honnête et que j’essaie de me rappeler la première fois que ça s’est passé, je crois que c’était quelqu’un du public qui a fait « to » « tem ». Et je me suis dit bah allé on vole, on vole les idées directement dans le public. (rires). 

Donc maintenant nous allons nous concentrer sur l’EP Playground, qui est ce qui écrit les textes ?


Stélio : C’est moi. Pour développer, ce sont des paroles qui évoquent le rapport à la musique de manière générale, qu’on a nous sur scène. Ça va parler de thème festifs. Sinon il y a aussi des références culturelles, cinématographiques même. Quand on a composé à cette époque-là (car on ne procède plus comme ça maintenant) c’était sur des jams. En gros les gars jouaient des trucs, moi je me mettais dans mon monde, j’essayais de m’imprégner. Et il se trouve que sur cinq chansons, il y en a deux qui m’ont évoqué deux films : « Pulp Fiction » et « Orange mécanique ». Même si « Orange mécanique » c’est plus le côté bande qui m’a fait penser à cette musique, c’est ce qui m’est venu pour « les droogies ».


Mathéo : Oui, « les droogies » ça fait référence au film de Stanley Kubrick, ça évoque la bande d’Alex. C’est le côté gang, c’est la chanson qui fait vraiment le pont entre l’esthétique de cet Ep "Playground", et l’esthétique sur lequel on tend aujourd’hui.
 

Félicien : Quand on entend direct l’intro de guitare et quand la batterie rentre, ça évoque justement ce genre de film où plusieurs histoires vont s’entrelacer, où tout est possible, d’où le titre.


Vous avez toujours chanté en anglais ?


Stélio : Au tout début j’ai essayé en Français, ça a été un échec cuisant, très rapidement. Et pour la langue anglo-saxonne, c’est par rapport à mes influences soul hip-hop, et pop… Je suis plus inspiré par la langue anglo-saxonne, et c’est venu naturellement. C’est beaucoup plus simple phonétiquement, on ne va pas se mentir, de trouver des sons ronds. En français c’est un luxe d’avoir un flow, c’est pour ça qu’on est admiratif d’artistes comme Stromae qui arrive à mettre des pulsions funk, hip-hop, dans leur morceau, dans une langue qui est complètement sèche.

Est-ce que vous pouvez expliquer la cover de l’EP ?

 

Stélio : On a fait appel à une autre graphiste qui s’appelle Tiffanie Mazellier. Il y a une métaphore, avec le volant de badminton qui représente le tipi. Le tipi c’est la maison, le volant représente un petit peu ce côté jouet, enfantin. Ça va avec le thème « playground » qui est en fait le terrain de jeu dans lequel tu laisses libre court à ton imagination. C’est l’imagination de TOTEM, on était complètement en roue libre, on a laissé parler notre instinct.

 

Sammy : La ligne rouge c’est la démarcation, nous on est dans notre terrain de jeu. Et c’est aussi une manière de rappeler la charte graphique. Si on zoome bien, ce n’est pas un trait rouge, c’est un coup de pinceau rouge, qui rappelle le fil conducteur qu’on a tous sur scène : le maquillage.

 

Pourquoi les peinture sur le visage pendant les lives ?

 

Stélio : Il y a plusieurs raisons, je pense que la première raison c’est pour faire ressortir ce côté incarné, habité de notre musique. On a cette image de guerrier du funk, on aime beaucoup on y est très attaché. Cette espèce de peinture de guerre, c’est à la fois une manière pour le public de pouvoir reconnaître quelque chose d’assez graphique, et pour nous de pouvoir incarné plus facilement un personnage.

 

Est-ce que le nombre de barres du « E » de TOTEM représente le nombre d’individus dans le groupe ?

 

Mathéo : Oui ça représente aussi les quatre membres. Ce signe est tiré d’un signe amérindien qui veut dire l’été ou le printemps. C’était aussi une manière pour nous de décrire un petit peu le style de musique, puisque qu’on joue une musique assez joyeuse, assez entrainante.

D’où vous est venue l’idée de faire une chasse au trésor dans Montpellier pour trouver les EP ?

 

Mathéo : On avait fait une commande pour presser nos disques. L’intégralité de la commande est arrivée avec une mauvaise pochette. Comme on faisait notre release party pour présenter notre album le 22 mars, on s’est demandé comment rentabiliser un petit peu ces pochettes-là. Et l’idée nous est venue de glisser des petits mots à l’intérieur, pour une chasse au trésor. Il y avait des places dedans, un ep offert, des goodies…

 

Sammy : C’était une nouvelle façon de communiquer (plutôt que de placarder des affiches en ville). On l’a quand même fait mais faut arrêter, ça ne marche plus c’est fini ça (rires). Donc on a aussi placardé des EPs. Ça reste dans la logique “Playground”, terrain de jeu, la chasse au trésor, on trouvait ça vachement cohérent de le communiquer comme ça.

 

Mathéo : On voulait aussi avoir une interaction avec les gens, autre que celle qu’on a sur scène. On a mis un mot dans la pochette de l’EP leur demandant de se prendre en photo avec, à l’endroit où ils l’ont trouvé et de le poster sur les réseaux avec un hashtag précis.

 

Vous avez des concerts à venir prochainement ?

 

Mathéo : On est dans une période de composition, on lève un petit peu le pied sur tout ce qui est concert. On a quand même une proposition pour juin. Si on peut avoir des concerts, qu’on nous appelle, on acceptera vraiment avec grand plaisir. Mais pour l’instant on va s’accorder quelques temps pour pouvoir se renouveler musicalement, changer d’esthétique un petit peu.

 

L’instagram est également plus soigné, l’identité visuelle est devenu primordiale pour vous ?

 

Stélio : Oui, notre graphisme très travaillé va bien avec notre style de musique. On a décidé de miser là-dessus, on n’est pas aveugle sur le fait que c’est nécessaire aujourd’hui. La musique reste ce qui est le plus important.

D’accord, vous êtes plutôt live ou studio ?

 

Mathéo : Alors clairement live !

 

Quel est votre meilleur concert ?

 

Félicien : Je suis très partagé entre la release party à l’Antirouille en 2018, et la Meuh folle qui était mon premier concert avec eux.

 

Stélio : Moi c’était le Grand Social à Dublin. Ce n’est pas forcément le concert où on a eu le plus de monde, mais c’était un concert qui était complètement cosmique. C’était parfait, je suis parti à Dublin en me disant qu’on allait faire une tournée, et qu’on allait probablement la rater. C’était un concert où les gens étaient hyper expressifs, ils essayaient de chanter les refrains. C’était vraiment fou. Et le premier concert à Paloma était quand même incroyable aussi.

 

Sammy : Oui Paloma en 2016, mais sinon l’Antirouille en 2018 car c’était un peu un défouloir, on avait préparé ce concert, c’était la consécration, de vraiment présenter notre travail. Il y avait des évènements en plus pendant le concert, il s’est passé des choses, des interactions, des jeux avec le public. Et pour moi en tant que musicien c’était le pied. On était dans un endroit où on maitrisait tous les éléments. On pouvait juste kiffer car il y avait zéro place à l’imprévu.

 

Est-ce qu’il y a un artiste dont vous rêvez de faire la première partie ?

 

Stélio : Actuellement ce serait « Watsky » qui est un rappeur qui nous a énormément influencé ces derniers temps. Plus personnellement ce serait « Mickael Jackson », mais il est totalement décédé donc ça serait chaud, et sinon là ça serait « Childish Gambino » qui est très important pour moi artistiquement.

 

Sammy : On avait participé à un tremplin à Dublin, où on pouvait faire la première partie de « Blur » si on gagnait. Moi ce serait vraiment de faire la première partie de « Damon Albarn », vraiment rencontrer cette personne, et comprendre ce qu’il se passe dans sa tête parce que je le trouve incroyable.

 

Mathéo : Ça serait faire la première partie de Slash, c’est personnel, c’est le guitariste avec qui j’ai grandi entre guillemets. Sinon plus en rapport avec le projet « Electro Deluxe », c’est le groupe français à l’heure actuelle vers lequel on tend le plus par rapport à l’énergie qu’on dégage sur scène.

 

Félicien : Je pensais également à « Electro Deluxe », car c’est totalement ce qui serait en accord avec le groupe. Sinon personnellement ça aurait « Watsky » aussi, ou un groupe de jazz expérimental qui s’appelle « Tatran ».

 

Est-ce que vous avez une anecdote en studio à partager ?

 

Stélio : La première fois qu’on est allé en studio avec Félicien, qui venait ré-enregistrer des pistes de basse pour l’EP. Le mec à tout enregistré d’une traite, nous on était là « ah bah oui voilà c’est bon on a bien choisi c’est cool, on fait un autre EP maintenant ? » (rire) On était tous scotchés.

Et une anecdote en live ?

 

Mathéo : La scène qui se prête le plus aux anecdotes c’est celle du « Dindon attaque » à Alès. Leur emblème étant un dindon, il y a un gars déguisé qui débarque à chaque fois qu’ils organisent un évènement. Quand on a joué là-bas, on a fait monter le dindon sur scène, et comme il était un petit peu petit, un petit peu frêle, Stélio étant trop chaud l’a balancé dans le public. (rires)

 

Stélio : Mais assez loin, il aurait pu être référencé, y a un record du monde en jeu, dont on n’est pas forcément au courant. (rires)

 

Félicien : Alors je n’ai pas une anecdote commune aux autres car je n’étais pas encore là. Mais si j’avais une anecdote à dire se serait celle de la Meuh Folle, où comme c’était mon premier concert, les gars étaient stressés. J’ai tenté des trucs, à un moment donné j’étais monté sur la batterie, et j’ai aussi failli me rétamer la gueule (rires), vous pouvez le voir sur la vidéo live. C’est la première fois que je montais sur une grosse scène.

 

Que peut-on souhaiter à TOTEM pour l’avenir ?

 

Stélio : Commencer cette année de composition en trouvant un truc où on puisse nous dire « oh ça c’est TOTEM », avoir une identité claire, pour nous ce serait une manière de confirmer l’impression de maturité qu’on a gagné avec les concerts. De pouvoir fignoler cet univers avec quelque chose d’unique. Bien barré. Et que le public l’accepte et qu’on puisse bien tourner avec ça.

 

Vous pouvez retrouver toute l'actualité de TOTEM sur leur Facebook et Instagram.

 

On se quitte en images et en musique avec le clip "Can You Get That"

 

Vous pouvez retrouver ce titre ainsi que l'intégralité des EP de TOTEM sur YouTube, Spotify, Deezer, Soundcloud, Napster.

 



 

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