L'interview du mois X Ekoms

 

Nous avons rencontré Ekoms, artiste Hip Hop Nîmois, il nous présente son nouvel EP "Rêves & Blessures" sorti le 21 Juin, à l'occasion de la fête de la musique. Pour Ekoms, la musique est un échappatoire, le rap lui permet d'exorciser ses pensées.

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans la musique ?

 

Quand j’ai commencé à écrire, je n’ai pas vraiment calculé que j’allais faire ça. Puis un jour, je suis allé à un concert et je me suis dit qu’il n’y a que ça que je veux faire de ma vie. Et dès l’instant où j’ai compris qu’avec de la musique tu pouvais faire pleurer les gens ou les faire rire, ça a encore plus appuyer le fait que je voulais faire ça.

 

Quel concert t’a donné ce déclic ?

 

J’ai été au concert de Sneazzy et S-pri Noir en mai 2017, à une période où j’avais tout arrêté à cause d’une galère avec un studio. Pendant cinq mois je ne faisais plus rien. Quand on les a vu sur scène avec tous ces gens, je me suis dit moi aussi je veux faire ça. Deux mois après j’avais terminé d’écrire mon premier EP.

 

Pourquoi « Ekoms » ?

 

Car ça fait smoke à l’envers. Quand je jouais aux jeux c’était mon pseudo. J’avais 14 ans, je fumais des clopes, je croyais que c’était thug (rires). Après pour mon blaze de rap je me suis dis vas-y je garde Ekoms ça sonne bien et personne ne s’appelait comme ça.

 

On a pu découvrir ton projet avec le clip « Seul », pour l’instant seul morceau clippé du projet, tu as prévu d’autres clips pour cet EP ?

 

Je ne pense pas, ou alors ça ne sera pas une version comme le clip « Seul », ça sera peut-être un clip acoustique ou quelque chose du genre, une nouvelle version d’un morceau quoi... L’objectif pour la suite sera de clipper en apportant une valeur ajoutée au morceau.

 

Quelles sont tes responsabilités dans la création ? Est-ce que tu composes toi-même ou tu t’entoures de musiciens / beatmakers ?

 

J’écris et j’interprète uniquement. Je fais un petit peu de compo depuis quelques mois, il y a peut-être des morceaux que je poserais sur certaines de mes prods. Mais je ne suis pas encore au niveau des gens avec qui je travaille comme César V, mon DJ, Idéal Jim ou d’autres gars à moi.

 

Tes textes sont sombres et introspectifs, c’est un moyen pour toi d’exprimer tes émotions ?

 

C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour exorciser tous mes états d’âme. Je ne suis pas quelqu’un de très bavard dans la vie, je ne me dévoile pas, j’ai l’impression de ne pas en parler. Ce qui est bien, c’est que les gens qui m’écoutent ont le sentiment de me connaître, peut-être même mieux que certains de mes proches.

 

Tu trouves ça moins frontal d’envoyer un morceau que de parler avec des gens ?

 

Oui, là je n’ai pas de réponse. Il n’y a pas cette gêne que tu peux avoir quand tu parles avec quelqu’un et que tu dis « Je n’ai pas trop envie de me dévoiler sur ma vie ». Alors que quand je fais de la musique, à la base, je la fais pour moi, tout seul dans ma chambre ou dans mon studio. J’enregistre mes trucs, et si je kiffe et que ça mérite de sortir ça sort. 

 

Ta musique est très personnelle, tu parles beaucoup de toi à la première personne, tu décris tes ressentis & tes émotions enfouies, on sent que ta musique te ressemble, qu’elle est honnête. Quelle place tu accordes à l’interprétation du public ?

 

J’essaie de trouver un juste-milieu entre faire de la musique pour moi, et faire de la musique pour les autres. Je raconte ce que je ressens, mais j’essaie de le formuler de façon à ce que les gens quand ils écoutent, ils se disent « ah ouais moi aussi j’ai déjà vécu ça a tel moment, je connais cette sensation ». J’essaie de l’exprimer et d’arrondir les angles pour que ce ne soit pas trop « je », « moi ».

 

Tu as été repéré par le dispositif Manu de Paloma, qu’est-ce que ça t’as apporté ?

 

Ça m’a apporté plein de choses, j’ai rapidement gagné en expérience alors que j’aurai peut-être mis deux, trois ans à apprendre seul, ça m’a permis aussi de corriger mes défauts rapidement, de rencontrer de nouvelles personnes de la musique, qui peuvent t’aider et t’accompagner, ça fait un réseau. Paloma, ils sont ouverts de ouf, même aujourd’hui ça fait une bonne année que j’ai terminé Manu, je sais que je peux encore leur demander aujourd’hui qu’on fasse une réunion, et ils me diront pas de problème. Ils m’ont d’ailleurs programmé pour la fête de la musique.

 

T’aimerais bénéficier d’autres accompagnements et/ou participer à d’autres tremplins ?

 

Pourquoi pas mais c’est assez compliqué. Dans ma façon de vivre, même dans ma vie de tous les jours je suis pas quelqu’un qui ait l’habitude de demander quelque chose aux gens. 

 

 

 

Sur cet EP, il y a une assez grosse ressemblance avec le style de Lomepal, il fait partie de tes inspirations ?

 

Oui, c’est une de mes inspirations mais je ne pense pas le copier. Il y a des choses qui se ressemblent mais je pense qu’il n’y a qu’un refrain où on ressent vraiment l’influence Lomepal.

 

Dans la tendance hip-hop actuelle, le texte est moins craché et plus chantant, c’est très personnel voire lyrique, comme Lomepal qui est un des pionniers du genre, c’est peut-être pour ça qu’on t’assimile à lui ?

 

Je préfère qu’on m’associe à Lomepal plutôt qu’un autre artiste que je n’aime pas. C’est un des artistes français les plus complet pour moi. Dans tous les panels qu’il utilise, le rap, le chant… Bien sûr ça m’inspire. Mais je ne suis pas là à écouter un morceau de lui et me dire « Ah ouais faut que je fasse pareil ». En réalité, c’est le style qui me plait, donc je fais ce que j’aime, je pense que j’ai trouvé mon truc là-dedans. Ça me touche beaucoup plus ce que fait Lomepal plutôt qu’un rap plus brut.

 

Par rapport à ses textes ou sa façon de rapper ?

 

C’est un mélange des deux. C’est un tout. Pour la prod ça m’inspire telle ou telle chose, après je fais des trucs différents. Je ne pense pas trop avoir le style de Lomepal, je pense que je rappe beaucoup plus que lui. Il est plus dans la pop, le chant et la mélodie. Je chante dans mes refrains et à certains moments de mes couplets, mais sinon j’ai tendance à rapper. Ça se trouve dans cinq ans je ferai même plus de rap et je ferai de la folk (rires). Pour l’instant ce que je sais faire de mieux c’est rapper mais ça m’intéresse de chanter et d’apprendre des nouvelles choses, essayer de d’ouvrir encore plus ma musique.

 

Tu aimerais jouer avec des musiciens sur scène ou tu préfères le schéma hip-hop classique DJ/Backer/Artiste ?

 

J’aimerai bien jouer avec des musiciens oui, car c’est incroyable quand c’est bien fait. Un concert avec un live band, quand c’est bien travaillé, que c’est bien fait, que les morceaux sont bien interprétés, c’est juste incroyable. C’est aussi moins mécanique comme habitude de travail.

 

On constate une évolution entre le premier et le deuxième EP, ainsi qu’un changement de style, de façon de rapper, peut-on dire que ce projet a été fait avec plus de maturité ?

 

Carrément, j’ai clairement pris en maturité. J’ai appris à m’ouvrir à énormément de styles différents, à aimer d’autres choses que du rap pur, ça m’a inspiré dans ma façon de voir la musique et dans la façon dont j’ai envie de la faire aussi. Je sais rapper, maintenant que faire d’autre? C’est naturellement que je me suis mis à chanter. Même si je ne suis pas un chanteur, je fais des mélodies, j’essaie de jouer des trucs. Oui, y a une différence entre les deux projets, il s’est passé un an et demi, il y a eu un changement de style. Je ne sais même pas si on peut dire que c’est une évolution, je pense que c’est plus une renaissance, c’est Ekoms 2.0.

 

Tu l’as travaillé en combien de temps ce projet ?

 

J’ai commencé à le travailler en janvier 2018, je venais de sortir « Partir de rien » et dans la foulée j’ai commencé à faire quelques morceaux car je voulais sortir un EP fin 2018. J’ai fait des morceaux mais je n’arrivais pas à trouver des morceaux différents de ceux que je faisais à cette époque. Les quatre morceaux de l’EP je les ai fait en deux mois. A la base il y avait sept ou huit titres, on a gardé que ces quatre-là car c’était les plus cohérents entre eux et avec le message que je veux faire passer. C’est le « nouveau moi », je préfère donner d’abord quatre morceaux pour que le public comprenne ce que je veux faire, et par la suite envoyer des projets  plus importants.

 

Tu as d’autres projets en cours ?

 

Je pense déjà à des nouveaux projets. « Rêves et Blessures » je l’ai terminé en décembre, j’ai eu six mois déjà pour penser à la suite, il y a des choses en cours. Mais laissons vivre « Rêves et Blessures ». J’aimerais beaucoup faire vivre ce projet en dehors des réseaux sociaux, le jouer pour de vrai sur scène.

 

Tu préfères le live ou le studio ?

 

Je préfère le live, mais je préfère le live que dès que je suis sur scène. Pendant les répétions si tu me poses cette question, je te réponds le studio. Mais dès que je suis sur scène et que le concert commence, je préfère le live à fond. Le but, c’est d’arriver sur scène et jouer ce que t’as fait en studio. Ressentir ce que ça dégage chez les gens c’est incroyable, recevoir des messages sur Instagram ça fait hyper chaud au cœur, c’est sûr mais tu n’as pas les mêmes réactions. En live y a une aura qui passe, c’est spontané. Y a beaucoup plus de choses qui rentrent en compte dans le live, il y a l’interprétation des morceaux, y a des trucs que tu peux rajouter, enlever. On a beaucoup travaillé là-dessus pour le concert. Il y a des morceaux de l’EP, où il y a des trucs qui sont rajoutés pour le live. Il y a même des morceaux qui sont des exclus live.

 

Un artiste dont tu rêves de faire la première partie ?

 

Je sais pas trop.. Nekfeu pour l’artiste qu’il est et l’influence qu’il a eu sur moi. Après bien sûr je préfère jouer avec des artistes dans mon univers : Caballero, Jean Jass, Roméo Elvis, Orelsan, tous les artistes que mon public apprécie, et que j’apprécie également.

 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Ekoms pour la suite ?

 

Que « Rêves et Blessures » vive bien et longtemps, qu’il marche mieux que le premier. Des concerts et que la suite soit encore mieux. Que je me fasse une place, que je me confirme dans ma voie musicale..

 

Vous pouvez retrouver toute l'actualité d'Ekoms sur Facebook, Instagram et Twitter.

 

On se quitte en images et en musique avec le clip "Seul"

 

Vous pouvez retrouver Ekoms sur les plateformes de streaming suivantes : YouTubeSpotifyDeezer.

 

 

 

 

 

 

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